Éditorial
Créer les conditions favorables au maintien dans la vie active
L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a calculé qu'une personne qui partait à la retraite en 1970 avait encore 9 années de vie devant elle si elle était un homme et près de 11 années si elle était une femme. Depuis lors, cette durée s'est nettement allongée puisqu'en 2004, les hommes partant à la retraite pouvaient escompter vivre encore 17 ans et les femmes près de 22 ans. Comment expliquer cette évolution et quelles conclusions en tirer? Depuis 1970, la productivité a fortement progressé dans notre pays. Il n'est alors pas étonnant, du point de vue économique, que l'on affecte une partie de ces gains de prospérité aux loisirs, notamment dans les dernières années de sa vie. De même, on peut se réjouir de voir une grande partie des gens profiter, au terme de leur vie, d'une bonne santé et d'une certaine assise matérielle. Toutefois, il est problématique de renoncer à un emploi si la prospérité qui sous-tend cette démarche n'est pas au rendez-vous. C'est le cas par exemple lorsqu'on promet un départ anticipé à la retraite et que l'on ouvre des droits sans contrepartie. Les victimes de ces promesses - dont il faudra pourtant bien payer l'addition un jour - sont les actifs de demain. Un autre exemple de dysfonctionnement qu'il convient de corriger au plus vite concerne les personnes qui souhaiteraient continuer de travailler et qui sont incitées à quitter prématurément la vie active. La Suisse est aujourd'hui bien placée par rapport à d'autres pays en ce qui concerne le taux de participation des travailleurs âgés au marché du travail. Le vieillissement démographique pose, toutefois, de nombreux problèmes, en termes notamment de croissance économique et de financement des assurances sociales. Fort de ce constat, le Conseil fédéral a décidé, dans le cadre du train de mesures en faveur de la croissance, d'encourager les travailleurs âgés à participer largement au marché du travail. Les dispositions arrêtées visent à créer les conditions favorables à un maintien dans la vie active et à donner aux actifs l'opportunité d'y souscrire. En revanche, l'idée de sanctionner sur le plan matériel les départs anticipés à la retraite a été volontairement laissée de côté. Les actifs sont des individusmajeurs qui doivent pouvoir planifier leur vie àlong terme sur la base de signaux économiquesfiables. Cette approche, qui fait appel à la responsabilité personnelle, est aussi l'expressiond'une stratégie économique efficace.

