Éditorial
L'internationalisation du trafic aérien
Le secteur de l'aviation est indispensable à l'économie mondiale. Il facilite la division internationale du travail et diminue le coût des trajets. Ce n'est donc pas pour rien que l'on parle à ce propos de la «fin de la distance». Non seulement la croissance à long terme du trafic aérien international ne connaît aucun répit, mais elle est plus rapide que celle des exportations de biens et de services. Le nouveau millénaire n'avait, pourtant, pas débuté sous les meilleurs auspices. Certes, la branche aéronautique a toujours durement encaissé les turbulences de la conjoncture. Elle a dû, cette fois-ci, surmonter des crises liées à des facteurs exogènes d'une ampleur inattendue. La volatilité de la demande a, en outre, accéléré la réforme structurelle du secteur, déjà entamée avec les progrès de la libéralisation. La Suisse a subi cette évolution de plein fouet. Sa compagnie nationale a disparu. Celle qui l'a remplacée a perdu son indépendance, ce qui a suscité bien des remous dans notre pays. Entre-temps, Swiss et les aéroports nationaux ont réussi à s'imposer face à la concurrence internationale. Ils ont su tirer pleinement profit d'une situation actuellement favorable aux plans conjoncturel et monétaire pour exploiter des créneaux prometteurs dans le domaine des transports aériens internationaux. Notre pays est bien intégré au tissu international et il constitue un marché attrayant pour le trafic aérien en raison du poids de son économie. Les compagnies étrangères ont également tout intérêt à desservir la place économique suisse. On a eu la preuve, ces dernières années, de la viabilité du transport aérien et de sa capacité à amener sur les marchés les biens et les prestations d'une économie suisse ouverte sur le monde. Un site attrayant attire le trafic aérien, mais il faut une politique aéronautique cohérente et que les possibilités de desserte soient à la hauteur. Pays touristique, place forte économique, la Suisse a besoin de liaisons rapides, performantes et bon marché. Il est indispensable de pouvoir l'atteindre facilement si on veut que sa production soit synonyme d'efficience et que la commercialisation internationale de ses biens et services soit une réussite. Comme la libéralisation du trafic garantit l'intérêt des liaisons aériennes, la politique peut à nouveau se concentrer sur sa tâche principale: offrir des conditions-cadres aussi bonnes que possible au transport aérien afin d'exploiter pleinement le potentiel de croissance existant à l'aide de structures efficientes et respectueuses de l'environnement.

