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Éditorial

Un marché du travail en mutation

Les trois dernières années sont exemplaires de la rapidité avec laquelle la conjoncture et la situation sur le marché du travail peuvent changer. Si on prend le cas des jeunes, il leur était extrêmement difficile de trouver du travail il y a quelques années; depuis lors, les emplois qui s'offrent à eux se sont développés de façon spectaculaire. Le dynamisme économique et l'augmentation des emplois disponibles sont des conditions essentielles pour que tous puissent exercer une activité professionnelle. La conjoncture offre l'occasion de stopper voire d'inverser la tendance à la mise en retraite anticipée. Les données relatives aux conditions de travail en Europe montrent que celles qui règnent en Suisse au niveau des seniors ne sont pas mauvaises. Les intéressés les jugent même bonnes. La politique peut aider les personnes qui le souhaitent à rester le plus longtemps possible dans la vie active. La mise en place d'un système social neutre au plan incitatif et des mesures ciblées dans le domaine de la formation en font partie, tout comme la mise en oeuvre dans les entreprises de programmes destinés à maintenir la santé et les capacités de travail des seniors. Disposer d'un marché du travail ouvert, comme c'est notre cas avec la libre-circulation des personnes entre la Suisse et l'UE, nous permet de profiter d'un réservoir de main-d'oeuvre étrangère qualifiée et d'élargir les possibilités de croissance de l'économie suisse. Les personnes issues de l'immigration, présentes de longue date dans le pays, participent également au bon fonctionnement du marché du travail. Deux articles dans ce thème du mois relatent la façon dont la seconde génération issue de l'immigration vit le processus d'intégration et traitent de la façon dont on pourrait améliorer l'égalité des chances. Les tendances sur le long terme ne doivent, toutefois, pas nous faire oublier les préoccupations de l'heure. Le dossier du présent numéro aborde les disparités régionales en matière de chômage. Deux études montrent que les écarts constatés ne relèvent pas seulement de différences économiques et culturelles, mais doivent être reliés à des facteurs institutionnels. Le bref rapport sur le projet genevois Hestia va dans ce sens: un accompagnement plus étroit et rapide des demandeurs d'emploi pourrait précisément aider les cantons dont le taux de chômage est élevé à les réintégrer plus rapidement dans la vie active, ce qui réduirait le chômage de longue durée.

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Serge Gaillard
Chef de la Direction du travailSecrétariat d'Etat à l'économie SECO, Berne



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