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Éditorial

Que faire lorsque l'énergie devient rare?

Qui aurait imaginé, il y a seulement quelques années, que nous en arriverions à parler de «pénurie d'électricité»? Aujourd'hui, pourtant, ce terme se rencontre si souvent qu'il pourrait prétendre au titre de «formule de l'année». En tout cas, son succès résume bien l'évolution de la place de l'énergie dans le débat public. Du point de vue économique, la notion de «pénurie d'électricité» ne fait pas l'unanimité, raison pour laquelle nous mettons ce mot entre guillemets. La question est de savoir si la demande d'énergie - et en particulier d'électricité - va continuer d'augmenter rapidement, tandis que l'offre, pour différentes raisons, aura tendance à stagner, voire à diminuer. Si le marché fonctionne normalement, nous ne devrions pas nous retrouver face à une pénurie qui priverait d'électricité une grande partie des consommateurs suisses. Le mécanisme le plus plausible serait celui qui se met habituellement à l'oeuvre lorsqu'un bien se fait rare: une hausse des prix pesant sur la demande tout en stimulant l'offre. Il serait donc préférable de parler de raréfaction plutôt que de pénurie.  Quel que soit le choix des mots, il est évident que l'approvisionnement en électricité - ou, d'une manière générale, en énergie - va devenir un paramètre de plus en plus important pour l'économie suisse. Le Conseil fédéral en est conscient. Il y a un an, il a empoigné le problème et a défini une stratégie reposant sur quatre piliers : efficacité énergétique, énergies renouvelables, politique énergétique extérieure et conditions-cadres pour les grandes centrales. Alors que les mesures en matière d'efficacité énergétique agissent sur la demande, les trois autres visent à élargir l'offre: les stratégies en matière d'énergie renouvelable et de grandes centrales doivent faciliter la production d'énergie en Suisse, tandis que la politique énergétique extérieure doit favoriser les importations en provenance de l'étranger. Nous devons rester conscients des limites de l'action politique dans ce domaine : l'approvisionnement en énergie n'est pas entre les mains de la Confédération, mais - et nous devons nous en féliciter au nom de l'efficacité - il est assuré par des entreprises relevant, à des degrés divers, du secteur privé. Les mesures concernant l'offre visent donc essentiellement à moderniser les conditions-cadres, afin d'améliorer l'attrait pour l'énergie produite sur place et importée. Le Conseil fédéral va dorénavant s'employer à définir le contenu de chacun des quatre piliers de sa stratégie énergétique.

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Aymo Brunetti
Chef de la Direction de la politique économique,Secrétariat d'État à l'économie SECO, Berne



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