Éditorial
Coopération au développement et politique économique extérieure
La politique économique extérieure de la Suisse s'articule autour de trois axes: meilleur accès aux marchés internationaux, renforcement du marché intérieur et intégration des pays en développement à l'économie mondiale. Deux raisons essentielles militent en faveur de cette intégration. Premièrement, ces pays élargissent les possibilités d'écoulement et d'approvisionnement de la Suisse. Deuxièmement, leur intégration dans les marchés régionaux et l'économie mondiale est incontestablement un moyen efficace de lutte contre la pauvreté. C'est là, précisément, que se rejoignent coopération au développement et politique économique extérieure. La notion de pays en développement prête à confusion et demande à être nuancée. D'un côté, elle comprend des pays qui peuvent très bien se défendre par leurs propres moyens dans toutes les enceintes importantes. C'est notamment le cas des pays du Bric. Ces États sont essentiels si l'on veut que les normes et standards internationaux disposent d'une large assise. La Suisse a tout intérêt à prendre les mesures appropriées pour mener un dialogue constructif avec eux. Les instruments de la coopération au développement dans son acception traditionnelle ne sont, toutefois, pas à la hauteur de la tâche dans ce cas-là. À l'autre bout du classement se trouvent des pays fragiles et pauvres tels que la Somalie ou Haïti. Si eux aussi ont intérêt à s'intégrer à l'économie mondiale, leurs besoins dans d'autres domaines sont actuellement prioritaires. Enfin, au milieu du classement, on trouve des pays en développement qui cherchent à davantage s'intégrer à l'économie mondiale. Or le fait qu'ils n'appartiennent ni au groupe le plus intéressant des marchés émergents ni à celui des pays les plus pauvres ne focalise guère l'intérêt. Ils doivent, pourtant, relever des défis considérables en matière économique, financière, infrastructurelle et environnementale, et le succès ou l'échec de leurs efforts ont des retombées régionales tangibles. Ces pays sont tributaires de notre soutien. La Suisse dispose d'un vaste éventail d'instruments pour coopérer de manière ciblée et efficace avec tous les pays en développement. Cela étant, ses moyens limités en matière de personnel et de financement la contraignent à établir des priorités. Les pays en développement sont, toutefois, soutenus par un nombre sans cesse croissant de donateurs. Il s'agit, dès lors, d'accentuer l'efficacité et l'impact de cette aide: ce sont là les objectifs de la Déclaration de Paris, adoptée par l'OCDE, et des deux messages du Conseil fédéral.

