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Éditorial

Les investissements internationaux sont vitaux pour la Suisse

La Suisse est fortement intégrée à l'économie mondiale. Le niveau élevé du commerce extérieur, mais aussi le volume exceptionnel des investissements étrangers en témoignent. Avec 632 milliards de francs de stocks d'investissements directs à l'étranger (2006), notre pays se situe dans le peloton de tête au niveau mondial. Le produit de ce capital (69 milliards de francs) est rapatrié et contribue considérablement au revenu national (12%). La Suisse attire également les investissements directs étrangers, dont la capitalisation cumulée atteint 266 milliards de francs. La forte augmentation des investissements internationaux reflète la mondialisation croissante de l'économie. Le modèle entrepreneurial suivi depuis longtemps par les grandes multinationales, consistant à mettre en réseau, souvent à l'échelle mondiale, unités de production et relations de sous-traitance internes à l'entreprise, est de plus en plus utilisé par les PME, même si c'est dans une moindre mesure. Les progrès réalisés dans les technologies des transports et de la communication permettent non seulement d'ouvrir des marchés toujours plus lointains, mais aussi d'exploiter les avantages comparatifs de sites de production très éloignés les uns des autres. L'élargissement des marchés et des réseaux de production permet d'améliorer la productivité et de faire progresser les revenus dans le monde. Cette interdépendance croissante n'est, toutefois, pas sans dangers. Des réglementations favorables à la concurrence et des conventions internationales, vecteurs de la coopération entre autorités, propres à éliminer et à éviter les barrières protectionnistes doivent garantir la prospérité et minimiser les risques. La multiplication des fonds souverains et de couverture représente un défi pour les marchés mondiaux de capitaux. En politique commerciale comme dans le domaine des investissements, les réflexes protectionnistes ne représentent pas une réponse appropriée, puisqu'ils entravent une allocation des ressources orientée vers la prospérité. De telles erreurs stratégiques peuvent être évitées si les investisseurs et les organes régulateurs s'inspirent des meilleures pratiques internationales. Une surveillance efficace et non discriminatoire des marchés financiers, les efforts du Fonds monétaire international visant à élaborer des normes de comportement pour les fonds souverains, ainsi que les travaux de l'OCDE sur la prévention du protectionnisme en matière d'investissements constituent autant de pas importants dans cette direction.

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Christian Etter
Ambassadeur, délégué du Conseil fédéral aux accords commerciaux, Direction des affaires économiques extérieures, Secrétariat d'État à l'économie SECO, Berne



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