Editorial
Resserrer les liens avec l’Asie pour une plus grande prospérité économique
Le XXIe siècle est déjà considéré comme celui de l’Asie. L’essor de la Chine, le potentiel qui sommeille en Inde ou l’application et la sérénité propres aux cultures orientales sont autant de facteurs qui contribuent à la montée en puissance de ce continent dans l’économie mondiale. Sur le plan macroéconomique, ces changements sont déjà mesurables.La Suisse, dont la prospérité dépend de son intégration dans l’économie mondiale, ne peut ignorer l’ascension de l’Asie. Aujourd’hui, notre pays réalise 13% de ses échanges commerciaux avec elle et la tendance est à la hausse. Dans cette équation, la Chine et le Japon pèsent pour quelque 60%. Le commerce extérieur avec l’Asie doit par conséquent s’étendre à d’autres pays si nous voulons renforcer nos liens avec le continent. C’est la seule façon pour la Suisse de profiter de son expansion. L’économie d’exportation suisse aurait tout intérêt à se concentrer davantage sur les États de l’Asean, qui ont bénéficié à plus d’un titre de l’essor du marché chinois et contribuent, en tant que fournisseurs et partenaires commerciaux, à la relance de l’économie. Les accords de libre-échange (ALE) sont cruciaux pour améliorer l’accès au marché et éviter les discriminations par rapport aux concurrents. L’AELE a conclu des ALE avec Singapour et la Corée du Sud. La Suisse a par ailleurs signé un accord bilatéral de même type avec le Japon. La ratification de l’ALE avec Hong Kong est bien avancée. Des négociations sont en cours avec l’Inde, l’Indonésie et le Vietnam. La toute dernière mission économique emmenée par le conseiller fédéral Johann N. Schneider-Ammann en Chine s’inscrivait résolument dans le cadre des efforts visant à conclure, d’ici la fin de l’année 2012, les négociations sur un ALE bilatéral. Le chef du DFE prévoit d’effectuer d’autres missions économiques dans la région cette année: au Japon et à Hong Kong en octobre, puis à Singapour et en Malaisie en novembre.Bien sûr, tout n’est pas rose non plus. Les graves problèmes environnementaux, l’insuffisance des infrastructures, le vieillissement démographique dans des pays comme la Chine et le Japon, de même que les inégalités économiques qui se creusent, principalement dans les pays les plus peuplés d’Asie, sont des défis qui appellent des solutions. D’une manière ou d’une autre, le poids économique du continent continuera de s’accroître, ce qui se traduira par une présence renforcée des entreprises et des investisseurs asiatiques aux quatre coins du monde et par une mainmise accélérée sur d’importants marchés et sur les ressources. Les coulisses de la réussite économique de l’Asie (innovation, mondialisation, réformes axées sur le marché) devraient rappeler à notre mémoire les clés de la prospérité.


